La sauvetage d'une multivision
Publié : 11 avr. 2024, 07:35
Marseille et la Mer est une multivision réalisée sur commande de la région PACA par Raymond Sahuquet sur des images terrestres et sous-marines. Je situe sa réalisation grossièrement autour de 2005. Il n'y a jamais eu de fiche descriptive à ma connaissance. J'ai eu entre les mains les diapos et la bande, et c'est tout.
Le montage dure 13 minutes. Son format est du 3 x 5 : 3 projecteurs sur 5 colonnes. Trois en soft-edge au centre, deux écrans latéraux de contrepoint. C'est du "très large". Il a été produit à plusieurs reprises sur des écrans géants, y compris en plein air.
Réunir 15 SIMDA 400W et l'écran qui va avec était déjà difficile à l'époque. Imaginez aujourd'hui ! En 2010, je me suis fixé pour objectif de sauver les 3 images centrales (9 projos).
Il y a 40 dias par panier, pour un total de 600. Le montage a beaucoup tourné et les diapos ont souffert. Poussières et rayures sont légion. Les couleurs sont un pen fânées. Tout cela aurait mérité un bon lifting sous Photoshop.
Mais cela aurait aussi signé la fin de vie du montage. Les caches contiennent un sandwich dia + masque et je ne me sentais pas capable de le remonter sans erreur pour le restituer. Sans compter le temps astronomique.
J'ai donc scanné "dans leu jus" 360 dias (40x9) en 5800 × 3900 pixels, puis produit une version réduite en 800 × 540. C'était ce qu'on pouvait espérer des vidéoprojecteurs de l'époque.
En scannant avec les masques, je pensais éluder le problème du soft-edge. Grave erreur. C'était sans compter le gamma de la chaîne numérique qui vient tout perturber. J'ai du "re-edger" en numérique si j'ose dire. Un petit problème de maths amusant.
Les panoramiques avaient été découpés dans des 24x36 au splitter Wess. Malgrè tout le soin de mes prédécesseurs, et après passage au scan, la registration était imparfaite. Heureusement il n'y en a "que" 58 (les autres panos sont des compositions de clichés indépendants). Avec le numérique, c'est un jeu d'enfant d'ajuster au pixel.
Côté son, je me suis procuré un TASCAM 133 sur eBay pour numériser la bande. Je n'ai pas réussi à décoder le topage DATATON. J'ai donc resynchronisé à la main en me basant sur témoin vidéo (filmage d'écran) en 720p.
Côté logiciel enfin, la transition de la diapositive au numérique (Wings, Stumpfl, Dataton) n'était pas aboutie à l'époque. Il ne géraient pas le multi-projecteur, ou le faisaient à un prix prohibitif. Je suis donc parti sur un logiciel maison.
Finalement, malgré toutes les imperfections des dias, le spectacle s'avère supérieur à l'original. Plus d'erreur de raccord. Plus de triac qui bat de l'aile. Une luminosité grandement supérieure et un piqué amélioré grâce à un petit traitement numérique.
Sur les quelques images que je vous présente, vous pouvez admirer les poussières et les couleurs délicieusement fânées de l'Ekta.
Photos : Hervé Chauvez, Gilles Gras, France et Bernard Rothan, Marc Morand, Brigitte et François Scorsonelli.
Le montage dure 13 minutes. Son format est du 3 x 5 : 3 projecteurs sur 5 colonnes. Trois en soft-edge au centre, deux écrans latéraux de contrepoint. C'est du "très large". Il a été produit à plusieurs reprises sur des écrans géants, y compris en plein air.
Réunir 15 SIMDA 400W et l'écran qui va avec était déjà difficile à l'époque. Imaginez aujourd'hui ! En 2010, je me suis fixé pour objectif de sauver les 3 images centrales (9 projos).
Il y a 40 dias par panier, pour un total de 600. Le montage a beaucoup tourné et les diapos ont souffert. Poussières et rayures sont légion. Les couleurs sont un pen fânées. Tout cela aurait mérité un bon lifting sous Photoshop.
Mais cela aurait aussi signé la fin de vie du montage. Les caches contiennent un sandwich dia + masque et je ne me sentais pas capable de le remonter sans erreur pour le restituer. Sans compter le temps astronomique.
J'ai donc scanné "dans leu jus" 360 dias (40x9) en 5800 × 3900 pixels, puis produit une version réduite en 800 × 540. C'était ce qu'on pouvait espérer des vidéoprojecteurs de l'époque.
En scannant avec les masques, je pensais éluder le problème du soft-edge. Grave erreur. C'était sans compter le gamma de la chaîne numérique qui vient tout perturber. J'ai du "re-edger" en numérique si j'ose dire. Un petit problème de maths amusant.
Les panoramiques avaient été découpés dans des 24x36 au splitter Wess. Malgrè tout le soin de mes prédécesseurs, et après passage au scan, la registration était imparfaite. Heureusement il n'y en a "que" 58 (les autres panos sont des compositions de clichés indépendants). Avec le numérique, c'est un jeu d'enfant d'ajuster au pixel.
Côté son, je me suis procuré un TASCAM 133 sur eBay pour numériser la bande. Je n'ai pas réussi à décoder le topage DATATON. J'ai donc resynchronisé à la main en me basant sur témoin vidéo (filmage d'écran) en 720p.
Côté logiciel enfin, la transition de la diapositive au numérique (Wings, Stumpfl, Dataton) n'était pas aboutie à l'époque. Il ne géraient pas le multi-projecteur, ou le faisaient à un prix prohibitif. Je suis donc parti sur un logiciel maison.
Finalement, malgré toutes les imperfections des dias, le spectacle s'avère supérieur à l'original. Plus d'erreur de raccord. Plus de triac qui bat de l'aile. Une luminosité grandement supérieure et un piqué amélioré grâce à un petit traitement numérique.
Sur les quelques images que je vous présente, vous pouvez admirer les poussières et les couleurs délicieusement fânées de l'Ekta.
Photos : Hervé Chauvez, Gilles Gras, France et Bernard Rothan, Marc Morand, Brigitte et François Scorsonelli.